Reading Comprehension

Compréhension écrite

Lisez attentivement les deux textes suivants. Répondez aux questions en rédigeant des réponses précises et argumentées, en vous appuyant sur le texte.

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We Learn French

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Exercice 1 — La fracture numérique en France : état des lieux

LA FRACTURE NUMÉRIQUE EN FRANCE : ÉTAT DES LIEUX Avec un taux de couverture en haut débit supérieur à quatre-vingt-douze pour cent du territoire, la France se situe parmi les pays européens les mieux équipés en infrastructures numériques. Pourtant, cette apparente réussite technologique dissimule une réalité sociale beaucoup plus contrastée. Car la fracture numérique n'est plus seulement une question d'accès matériel à Internet : elle est devenue, avant tout, une question de compétences. Selon les données de l'INSEE, dix-sept pour cent des Français âgés de quinze à soixante-quatorze ans ne disposent d'aucune compétence numérique de base, et cette proportion atteint quarante-cinq pour cent chez les personnes de plus de soixante-quinze ans. Cette réalité prend une acuité particulière à mesure que les services essentiels — démarches administratives, accès aux soins, prise de rendez-vous — migrent vers des plateformes en ligne, de sorte que ceux qui maîtrisent mal l'outil numérique se trouvent progressivement exclus de droits pourtant fondamentaux. Mais la fracture numérique présente également une dimension de classe sociale souvent négligée dans le débat public. Les travaux de sociologie récents montrent que les catégories populaires utilisent massivement Internet pour des usages de divertissement — vidéos, réseaux sociaux — tandis que les catégories aisées en font un levier d'accumulation de capital culturel et professionnel : veille informationnelle, formation continue, réseau. Ainsi, la même technologie reproduit et amplifie les inégalités sociales préexistantes. Face à ce constat, deux logiques politiques s'affrontent dans les instances de décision. La première mise sur l'équipement : distribuer des tablettes, subventionner les abonnements Internet des foyers les moins aisés. La seconde insiste sur la formation : développer les compétences numériques dès l'école primaire et proposer des ateliers aux adultes en dehors du marché de l'emploi. De nombreux experts plaident pour une combinaison des deux approches, estimant qu'aucune n'est suffisante prise isolément.
1

Selon l'article, où se situe aujourd'hui le principal obstacle à l'inclusion numérique en France ?(2 pts)

2

De quelle façon l'usage différencié d'Internet selon les classes sociales reproduit-il les inégalités existantes ? Appuyez-vous sur les éléments du texte.(5 pts)

3

L'article suggère que l'équipement seul suffit à résorber la fracture numérique.(2 pts)

4

Quelle conséquence concrète la migration des services vers les plateformes en ligne a-t-elle sur les personnes peu à l'aise avec le numérique ?(2 pts)

5

Résumez en deux ou trois phrases les deux logiques politiques qui s'affrontent pour résoudre la fracture numérique, et expliquez la position des experts.(4 pts)

Exercice 2 — Réforme du lycée : trois ans après, quel bilan ?

RÉFORME DU LYCÉE : TROIS ANS APRÈS, QUEL BILAN ? Trois ans après l'entrée en vigueur de la réforme Blanquer du lycée général et technologique, un bilan nuancé s'impose. La suppression des séries traditionnelles — L, ES et S — au profit d'un système de spécialités choisies librement par les élèves devait, dans l'esprit de ses concepteurs, permettre une personnalisation des parcours et une plus grande ouverture disciplinaire. La réalité observée sur le terrain révèle toutefois des tensions que les promoteurs de la réforme avaient peut-être sous-estimées. De nombreuses analyses sociologiques montrent que les choix de spécialités ne sont pas aussi libres qu'il y paraît : ils restent fortement déterminés par l'origine sociale et le genre des élèves. Les jeunes femmes s'orientent de manière disproportionnée vers les sciences humaines et littéraires, et restent sous-représentées dans les spécialités mathématiques, physique-chimie et numérique. Les élèves issus de milieux populaires tendent quant à eux à éviter les spécialités perçues comme élitistes, reproduisant ainsi des stratégies d'autocensure bien documentées par la sociologie de l'éducation. La réforme a également introduit un contrôle continu représentant quarante pour cent de la note finale du baccalauréat, en remplacement partiel de l'examen terminal. Si cette mesure visait à réduire le stress lié aux épreuves finales, ses détracteurs soulignent qu'elle a instauré une pression diffuse et permanente tout au long de l'année scolaire. Par ailleurs, l'inégalité entre établissements scolaires suscite des inquiétudes légitimes : les grilles de notation du contrôle continu varient d'un lycée à l'autre, posant la question de l'équité entre des élèves évalués selon des critères différents. Les défenseurs de la réforme, de leur côté, rappellent que toute transformation d'envergure d'un système aussi complexe que le lycée connaît inévitablement des difficultés d'ajustement dans ses premières années d'application, et qu'un jugement définitif requiert davantage de recul.
1

Quels étaient les objectifs affichés de la réforme Blanquer du lycée ? Dans quelle mesure ont-ils été atteints selon l'article ?(5 pts)

2

Quel phénomène sociologique explique que les élèves de milieux populaires évitent certaines spécialités ?(2 pts)

3

En quoi l'introduction du contrôle continu soulève-t-elle un problème d'équité entre élèves ? Expliquez en vous appuyant sur le texte.(4 pts)

4

L'article présente un point de vue uniquement critique sur la réforme Blanquer.(2 pts)

5

Quel argument les défenseurs de la réforme avancent-ils pour relativiser les critiques ?(2 pts)